Inondations, quand tout déraille
- Laurence Gardin

- 7 juin 2020
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 juin 2020
Quand le cours des choses déraille, un léger chaos se fait sentir. Parfois les grèves, ou trop de neige en ville, ou même des inondations.
En un instant, les habitudes sont chamboulées, ces déraillements viennent aggraver le lot des tracas quotidiens.
Tout était si bien cadencé, dans un rythme familier… Mais bien qu’effréné, un peu ronronnant parfois.
Subitement, changement de tempo : un nouvel itinéraire s’impose. Et si on accueillait ces contretemps avec humour ? Si l’on y voyait l’occasion de se réveiller ? Réjouissant de lever la tête du guidon, d’être subitement invité à tout voir d’un nouvel œil.
Quand tout déraille, les sens s’éveillent Oreilles endormies, réveillez-vous ! Le haut-parleur du métro a changé de refrain : les "retards pour colis suspect" ont fait place aux "stations fermées pour inondation". Les jambes, ralentissez ! On ne monte plus l'escalier tout droit, on contourne les flaques ici et là. Variante de « dancing in the rain », dancing in the train. Et attention les yeux ! Quand la Seine, hors de son lit, ensevelit les grises voies sur berges, la ville est encore plus belle. Le silence au bord du fleuve donne une atmosphère particulière. Si, si, vous êtes bien à Paris, non à Giverny.
Et la convivialité aussi a prend ses aises, libérée par ce léger désordre. En ce samedi gris, les visages sont réjouis sur le Pont Neuf.
Les gens se parlent sans se connaitre, commentant le niveau du fleuve, s’extasiant devant les panneaux engloutis, émerveillés par la vie qui a pris un autre cours. Ou simplement, qui a repris son cours.
Entrer dans la danse, et s’accorder au tempo. L’art de vivre à l’unisson de la vie.

Photo : laurence Gardin - Quais de Seine à Paris



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