L'urgence d'aimer
- Laurence Gardin

- 4 mars 2020
- 1 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 juin 2020
Parfois, au coeur du plus ordinaire surviennent les choses les plus décisives.
Rien de spécial, et subitement l’essentiel se montre dans la banalité du quotidien.
Lors d’un séminaire de méditation en Normandie, après une longue séance assis en silence, chacun est sorti se promener seul dans la nature, une manière de prolonger en mouvement l’esprit de la pratique.
Cette marche solitaire avait un goût de joie simple. Sentir le corps se délier au rythme des pas, le mouvement de la marche dans cette nature verdoyante. Tout apparaissait plus net, comme si un léger voile au-dessus des choses s’était dissipé. Une perception vive et précise de tout ce qui composait la scène, Je me sentais pleinement incorporée au décor.
Ce matin-là, l’air était vif, le ciel bleu pur, un léger vent transperçait tout. Les feuilles des arbres faisaient danser le paysage.
Au milieu des herbes hautes, seule dans ce champ de pommiers emplis de fruits rouges, j’étais là, immobile, au cœur de cette beauté à couper le souffle.
Subitement, comme une flèche surgie de nulle part, une pensée a surgi : l’urgence de tout aimer. Parce qu’un jour la mort viendra, et qu'il sera alors trop tard.
Trop tard pour savourer la joie d’être vivant, pour apprécier la vie si ordinaire.
La mort parfois se rappelle de manière inattendue. Et ce précieux rappel est une chance. La certitude de la mort.
Dans l’ordinaire de chaque jour, apprécier la beauté.
Beauté parfois teintée d’une tristesse, qui ne s’oppose en rien à la joie.
Méditer, se poser, permet de se calmer lit-on souvent... C'est surtout l'occasion de se réveiller !




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